Le Ministre de l’Intérieur, accompagné du préfet de police, s’est fait présenter mardi 4 octobre les vidéo patrouilleurs au Forum des Halles (1er arr.) et l’état d’avancement du plan de vidéoprotection.
Serge Rivayrand, chef de la sous direction régionale de la police des transports (SDRPT) nous parle des vidéo patrouilleurs :
• Quel est le mode de fonctionnement ?
Dans le cadre de l’an II de la police d’agglomération, la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP) a créé, à partir de la cartographie de la délinquance - système d’information géographique permettant d’obtenir en temps réel un état des faits délictueux en fonction de leurs dates et lieux de commission - la vidéo patrouille qui tend à se développer en France. Des effectifs de police dédiés et spécialement formés assurent en temps réel une exploitation des images issues des dispositifs de vidéo protection de voie publique et de transports, et par là-même assurent une détection des comportements malveillants. Ils orientent et guident les policiers sur le terrain ; les sites les plus sensibles sont mieux surveillés.
Un premier bilan ?
Le 11 mars 2010, une cellule de veille active (CVA) a été mise en place au sein de la brigade des réseaux ferrés. Elle exploite donc le système de vidéo protection mis à disposition de la sous-direction de la police régionale des transports (SDRPT) par les transporteurs dans le dispositif de sécurisation des réseaux. Les vidéo patrouilleurs ont ainsi permis en quinze mois l’interpellation en flagrant délit de 435 voleurs dits « à la tire » sur les 645 arrêtés et le contrôle de plusieurs centaines d’individus, 2569 ayant débouché sur des procédures de vérifications d’identité.
96% des interpellations effectuées grâce à l’exploitation de la vidéo protection par la CVA concernent des faits de vol. A titre de comparaison, sur la même période 2009/2010, le service de sécurisation des réseaux de Paris (SSRP) avait procédé à 239 arrestations d’auteurs de ce type d’infraction.
En outre, au Forum des Halles (1er arr.), la mise en œuvre de ce dispositif au PC sûreté Unibail-Rodamco par des policiers connaisseurs du terrain permettant de faire intervenir directement des patrouilles sur des zones à risques en temps réel démontre également toute son efficacité ; en août 2011, 53 interventions vidéo guidées ont conduit au contrôle de 172 individus dont 56 interpellations, une majorité liées aux stupéfiants.
Au cours des 9 mois 2011, on observe une diminution de 12,44% des faits constatés au Forum des Halles - 2421 en 2011 contre 2765 durant la même période en 2010-
Quels sont les atouts de ce dispositif ?
La vidéo patrouille permet de démultiplier la vigilance des équipes et créer ainsi une « présence » complémentaire aux patrouilles déployées sur le réseau, de prévenir voire d’intervenir rapidement sur les lieux d'un délit et d’aider à l’interpellation.
De plus, cette cellule sert de base d’appui dans le cadre de nombreux dispositifs et facilite bon nombre d’opérations en fournissant des éléments de physionomie et de flux dans les stations. Elle s’est distinguée ponctuellement lors de missions de recherche particulière. En 2010 :
• le 20 juillet, l’auteur d’une agression sexuelle sur mineure activement recherché depuis la veille a pu être repéré et interpellé dans e métro station Bonne Nouvelle (2e) ;
• le 28 novembre, en soirée, les auteurs d’un vol avec violences perpétré à la station de métro Ségur (7e) signalés et arrêtés, à 22h45, à la station de métro Eglise de Pantin (93).
D’autres affaires réalisées en 2011
• 11 septembre, 15h40, ligne 6 du métro, station Bir Hakeim : trois adolescents dérobent le portefeuille d’un usager. Grâce aux caméras, un vidéo-patrouilleur de la Brigade des Réseaux ferrés (BRF) donne aux policiers œuvrant sur le terrain le signalement précis d’un jeune garçon et de deux filles de 13 ans, voleurs d’habitudes et susceptibles d’évoluer sur la ligne 1. Les trois auteurs sont interpellés enfin de journée à la station Palais Royal-Musée du Louvre.
• 16h30, même jour, même station : une touriste suédoise vient de se faire dérober son portefeuille. Elle donne l’alerte et un vidéo-patrouilleur oriente des policiers sur les lieux. Elle leur décrit les voleurs, deux filles et un garçon de 15 ans, et prospecte avec eux dans la station. Rapidement localisés, les policiers les interpellent.
• 2 septembre, 12h30, ligne 1 du métro, station Champs-Elysées-Clémenceau : une touriste se fait dérober son portefeuille contenant 60 euros. Suite à son dépôt de plainte, l’exploitation des images de vidéo-protection permet d’obtenir des images des voleurs : trois adolescents âgés de 11 et 12 ans. Le lendemain, à 13 heures 30, un vidéo-patrouilleur informe les policiers sur le terrain qu’il vient de les repérer à la station Chaussée d’Antin (9e). Ils sont interpellés à 13 heures 40.
• 13 août 2, 16h15, une voyageuse téléphone tout en s’apprêtant à monter dans le RER D à la station Châtelet-les-Halles. Elle est bousculée par 4 jeunes hommes, son téléphone tombe sur les voies. L’un d’eux s’en empare et tous prennent la fuite. Un appel radio est émis pour fournir les signalements des auteurs. Un vidéo-patrouilleur inspecte la station mais en vain. Il oriente des policiers en surface. A hauteur de la Fontaine des Innocents (4e), ils sont interpellés. Le plus vieux, âgé de 18 ans est trouvé en possession du téléphone dérobé. A l’issue de leur garde à vue, ils ont été laissés libres après remise d’une convocation par officier de police judiciaire.
• Focus sur le PVPP
Le Plan de vidéoprotection à Paris se déroule conformément aux prévisions. En décembre 2011, un tiers des caméras de voie publique seront accessibles depuis une trentaine de sites d'exploitation des images, tels que les commissariats centraux et les salles opérationnelles des directions spécialisées. Lorsque le déploiement sera achevé, à l'été 2012, la préfecture de police disposera de 1 100 caméras de voie publique dans Paris Les fonctionnaires de police ont aussi accès aux images des 15 000 caméras des partenaires comme la RATP, la SNCF, les grands centres commerciaux de la capitale ou les stades. En ce qui concerne la sécurité et la déontologie il faut souligner que seuls les fonctionnaires habilités peuvent accéder aux images, pour les besoins des seules missions dont ils ont la charge à un moment donné, et que chaque consultation est mémorisée par le système.